À Lille, l’Afev a célébré le 20 mai dernier les dix ans d’implantation de ses Colocations à projets solidaires (Kaps). Un anniversaire placé sous le signe de la transmission, de l’engagement étudiant et des enjeux d’avenir pour un dispositif devenu un acteur majeur du logement étudiant solidaire dans la métropole lilloise.
Retour les 10 ans des Colocations à projets solidaires
Le 20 mai dernier, la Halle aux Sucres de Lille a accueilli la célébration des dix ans des Kaps dans la Métropole européenne de Lille. Organisé par l’Afev Métropole lilloise , l’événement a réuni étudiants engagés, anciens kapseurs, partenaires, élus, bénévoles et salariés autour d’une ambition commune : revenir sur une décennie de colocations solidaires et ouvrir de nouvelles perspectives pour l’avenir. Pour Catherine Kev, déléguée territoriale métropolitaine de l’Afev, cette célébration répondait à un défi récurrent : raconter l’engagement étudiant dans toute sa diversité (« Le défi, toujours, de l’Afev, c’est de réussir à parler d’engagement étudiant »).. Car cet engagement se traduit par une multitude d’actions : mentorat, volontariat, projets collectifs, participation citoyenne ou encore habitat solidaire.
L’objectif de la soirée était précisément de montrer comment ces différentes dimensions s’inscrivent dans une même trajectoire : « Toutes ces histoires, résume-t-elle, à différentes échelles font partie d’une plus grande histoire. » Une histoire qui a progressivement conduit l’Afev à ancrer toujours davantage l’engagement des jeunes dans les territoires, jusqu’à lui
donner une traduction très concrète… avec les Kaps.
Dix ans de développement sur le territoire
L’histoire des Kaps dans la métropole lilloise débute en 2015, avec l’ouverture des premières colocations solidaires à Lille-Moulins et à Roubaix, en partenariat avec Lille Métropole Habitat. Au fil des années, le programme s’est étendu à de nouveaux quartiers et à de nouvelles communes, grâce à l’arrivée de partenaires publics et de bailleurs sociaux supplémentaires. Depuis le lancement du dispositif sur ce territoire, 275 jeunes ont été kapseur.euses ; 58 appartements ont été mobilisés et 116 places sont proposées pour l’année 2025-2026.
Mais au-delà de cette progression, les organisateurs souhaitaient rappeler ce qui fait l’originalité des Kaps : le dispositif permet à des étudiants, jeunes actifs ou volontaires en service civique de vivre dans des quartiers populaires à loyer modéré tout en s’engageant dans des projets collectifs destinés à renforcer le lien social et les dynamiques habitantes.
Pour Cédric Laigle, délégué régional de l’Afev Hauts-de-France et Belgique, il était important que cette célébration raconte aussi l’histoire de l’association elle-même : en effet, « il n’y a pas de Kaps sans l’Afev. ». La soirée a donc été conçue comme un parcours permettant de retracer à la fois l’histoire nationale de l’association, son développement régional et
l’émergence progressive des Kaps dans la métropole lilloise.
Réunir toutes les parties prenantes
L’un des défis de l’événement consistait également à rassembler des publics très différents autour d’un même récit. Étudiants engagés, anciens colocataires, partenaires privés, acteurs associatifs, élus, habitants ou salariés n’ont pas nécessairement les mêmes attentes ni les mêmes expériences du projet. Pour Catherine Kev, la réussite de la journée tient précisément à cette diversité : « Rassembler toutes ces personnes, tous ces acteurs réunis ensemble, c’est là aussi la force de l’Afev. ». Les tables-rondes, les témoignages et les temps informels ont permis de faire dialoguer des personnalités qui contribuent toutes, à leur manière, à faire vivre le programme.
La présence de partenaires privés illustrait également l’évolution des alliances développées par l’association. Pour Cédric Laigle, il était important de montrer que l’Afev travaille aujourd’hui avec des acteurs variés, notamment autour des questions de participation citoyenne, de développement territorial ou d’aménagement urbain. Cette diversité reflète aussi la manière dont l’association construit ses actions : « Nous sommes une association nationale et régionale, mais nous sommes aussi très territorialisés dans nos réponses. » Les projets se développent en fonction des besoins exprimés localement plutôt qu’à partir d’un modèle uniforme appliqué partout de la même façon.
L’expression des jeunes comme fil conducteur
Au-delà du logement solidaire, l’événement a mis en lumière l’une des évolutions marquantes de l’Afev ces dernières années : la place grandissante accordée à l’expression et au pouvoir d’agir des jeunes. Les différentes interventions ont ainsi montré comment les étudiants sont progressivement devenus des acteurs à part entière de la transformation de leur territoire. Participation à des enquêtes, implication dans des projets urbains ou démarches de consultation : les occasions de contribuer aux décisions se multiplient… et vont continuer à le faire !
Pour Cédric Laigle, cet enjeu est désormais central : « Le gros enjeu, c’est de valoriser plus encore le pouvoir de s’exprimer. » Comment ? Il précise aussitôt qu’il ne s’agit pas simplement de prendre la parole : l’objectif est plutôt de permettre aux jeunes de « s’exprimer pour changer les choses. » Cette ambition rejoint pleinement le projet porté par l’Afev depuis sa création : faire des jeunes des acteurs de transformation sociale… et non de simples bénéficiaires de dispositifs.
Un anniversaire tourné vers l’avenir
Parmi les temps forts de la célébration figurait par ailleurs la diffusion d’un film d’Aline Capelle réalisé avec des kapseurs et les équipes locales. Plusieurs colocataires ont ainsi accepté d’ouvrir les portes de leur logement et de raconter leur expérience, parfois aux côtés d’anciens habitants revenus pour l’occasion. Pour Catherine Kev, cette réalisation a constitué l’un des moments les plus marquants de la préparation comme de la journée elle-même. Le film a permis de donner à voir l’impact concret du dispositif, mais aussi les liens durables qui se créent entre colocataires, habitants et anciens participants. Enfin, si cet anniversaire a permis de mesurer le chemin parcouru, les organisateurs ont surtout insisté sur la suite. Pour Cédric Laigle, ces dix années représentent davantage une étape qu’un aboutissement : « On est au milieu du gué. » L’ouverture récente d’une résidence dédiée marque d’ailleurs, selon lui, le début d’un nouveau cycle de développement : « On célèbre, mais pas pour s’arrêter. On célèbre pour repartir sur quelque chose de nouveau. »
Dix ans après les premières colocations solidaires ouvertes à Lille et Roubaix, les Kaps ont démontré leur capacité à créer des liens entre étudiants et habitants, entre campus et quartiers populaires. Cette célébration ne s’est donc pas contentée de regarder le passé : elle a surtout affirmé la volonté de poursuivre, avec les jeunes, une aventure collective qui continue de s’écrire.
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