Réunis le 3 juin à Montpellier dans le cadre du Pacte des solidarités en Occitanie, élus, institutions, chercheurs et acteurs de terrain ont échangé sur le logement étudiant comme levier de réussite et de mobilité sociale. L’occasion aussi, pour l’Afev de mettre en lumière le programme Kaps et son impact sur les parcours des jeunes.
Le logement étudiant ne se résume pas à une question d’immobilier. Il constitue une condition nécessaire de l’accès aux études supérieures, de la réussite des parcours et, plus largement, de l’égalité des chances. C’est autour de cette conviction que l’ Afev Occitanie organisait, le 3 juin dernier à Montpellier, une journée consacrée au « logement étudiant, un enjeu majeur du Pacte des solidarités », dans le cadre des Rencontres du groupe de travail « Égalité des chances dans le parcours des jeunes ».
Après un premier rendez-vous consacré à l’expérience étudiante à Albi, cette rencontre constituait le deuxième temps d’un cycle régional qui se poursuivra en octobre à Toulouse autour de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Pour Soizic Ghandour, déléguée régionale de l’Afev Occitanie, son fil conducteur était clair : « Faire part de la condition des jeunes et des difficultés de logement, en particulier dans les métropoles, et mettre en avant un dispositif qui fonctionne, qui s’appelle les Kaps. »
Mettre le logement au cœur de la lutte contre les inégalités
La journée s’est ouverte avec les interventions d’Amélie De Sousa, Commissaire à la lutte contre la pauvreté en Occitanie, de Marie Piqué, conseillère régionale déléguée au logement social, de Clara Gimenez, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole chargée du logement et de la politique de la ville, et de Soizic Ghandour elle-même. Toutes ont
rappelé que le logement constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de précarisation des étudiants et l’un des enjeux majeurs du Pacte des solidarités
Le constat est connu : dans les métropoles universitaires, la tension immobilière complique fortement l’accès aux études pour de nombreux jeunes. En Occitanie, Montpellier et Toulouse figurent parmi les territoires les plus concernés : 17% des 18-24 ans déclarent avoir renoncé à leurs études en raison du coût du logement, tandis que seuls 25 % des étudiants
décohabitants accèdent à un logement dédié.
Pour Soizic Ghandour, cette réalité justifiait pleinement l’organisation d’un tel temps d’échange. Par ailleurs, « c’était aussi l’occasion de mettre à l’honneur les colocations solidaires Kaps », et de rappeler que ce programme constitue aujourd’hui l’une des réponses concrètes développées par l’Afev face à ces difficultés.
Les Kaps, bien plus qu’un logement
La première table ronde, intitulée « Le logement étudiant comme vecteur d’attractivité et de solidarité interterritoriale », réunissait Mélanie Vaillant (ANRU), Bénédicte Popin (DREAL), Laurent Nison (adjoint au maire de Montpellier) et le kapseur Jafaar Fanchi. Les échanges ont notamment porté sur les coopérations entre collectivités, bailleurs et acteurs associatifs, ainsi que sur la capacité du logement étudiant à renforcer la mixité sociale dans les quartiers populaires.
Pour Soizic Ghandour, les moments le plus marquants de la journée sont venus des témoignages des kapseurs : « On a eu deux témoignages de kapseurs, donc on a vu quand même l’impact sur des trajectoires de jeunes en difficulté et comment les Kaps sont venues répondre à un besoin capital. » L’un des deux jeunes, particulièrement investi dans la vie associative montpelliéraine, a d’ailleurs évoqué avec émotion la période où il ne parvenait plus à se loger, avant d’expliquer que les Kaps lui avaient permis non seulement de retrouver un logement, mais aussi de s’inscrire dans un collectif et de développer de nouveaux engagements. En effet, « en plus du loyer, insiste-t-elle, il y a aussi toute une communauté. C’est ça, le projet. » Au-delà de l’accès à un logement abordable, les colocations solidaires créent un environnement d’entraide, d’engagement et d’accompagnement qui transforme durablement les parcours des jeunes.
Montpellier, un territoire qui veut aller plus loin
La seconde table ronde (« La mobilité sociale comme enjeu de lutte contre les inégalités sociales »), réunissait Christophe Paris, directeur général de l’Afev, Clara Gimenez, Jonathan Domergue (ACM Habitat), Benoît Prévost (Université Paul-Valéry / Montpellier 3) et un second kapseur : Bastien Froissard. Les échanges ont montré combien le logement constitue
un levier essentiel de mobilité sociale, notamment pour les jeunes originaires de territoires
éloignés des grands pôles universitaires.
Pour Soizic Ghandour, l’un des enseignements de cette journée tient également à la mobilisation des partenaires institutionnels. L’État, la Région, la Métropole, la DREAL, l’ANRU ou encore ACM Habitat étaient réunis autour d’une même préoccupation : améliorer les conditions d’accueil des étudiants et développer des solutions adaptées aux besoins des territoires. Et dans les faits, si les contraintes financières demeurent importantes, Montpellier apparaît aujourd’hui comme un territoire particulièrement engagé sur ces questions : « Ils veulent vraiment, tous, que cela se développe. » La métropole souhaite notamment poursuivre le développement des Kaps, et s’inscrire dans la dynamique nationale portée par le programme AGiLE, afin de créer davantage de logements étudiants dans un contexte de très forte tension immobilière : « Sur les métropoles, il y a une tension telle que, de toute façon, il faut plus de logements étudiants. »
Au-delà des constats, cette rencontre aura surtout permis de montrer que le logement étudiant ne peut être réduit à une simple question de production immobilière. Les témoignages, les échanges entre institutions et les expériences de terrain ont rappelé qu’un logement constitue aussi un point d’appui pour construire des études, développer des engagements et trouver sa place dans un territoire. Une conviction que les Kaps incarnent depuis quinze ans et que l’Afev entend continuer à porter, aux côtés de ses partenaires, dans les métropoles comme sur les territoires qui cherchent à renforcer réellement, concrètement, la lutte contre les inégalités.
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