En région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Afev et JobIRL expérimentent un parcours inédit

Vers un parcours augmenté

Co-construit par l’Afev et JobIRL, le programme « Vers un parcours augmenté » accompagne plus de 1 200 collégiens d’Auvergne-Rhône-Alpes dans leur découverte des études et des métiers. Une expérimentation qui ambitionne de lutter contre les inégalités d’orientation, en agissant dès la classe de cinquième.

Comment permettre à des jeunes de construire leur avenir à partir d’une meilleure connaissance des études, des métiers et des possibilités qui s’offrent à eux ? 

C’est à cette question que tente de répondre le programme « Vers un parcours augmenté », lancé il y a deux ans en Auvergne-Rhône-Alpes par l’Afev et JobIRL. Déployée dans quatre collèges de la région (Rhône, Isère, Drôme), cette expérimentation accompagne les élèves de la 5 e à la 3 e à travers une série d’actions complémentaires autour de l’orientation, de l’enseignement supérieur et du monde professionnel. Une démarche qui s’adresse en priorité à des jeunes issus de territoires populaires ou ruraux, souvent éloignés de ces univers. Pour Corentin Gautier, délégué régional de l’Afev Auvergne-Rhône-Alpes, l’enjeu est clair : agir sur les inégalités d’orientation et d’accès à l’enseignement supérieur, en donnant aux collégiens les moyens de « construire leur parcours à partir d’une compréhension un peu plus éclairée des possibles. »

Des expertises croisées

Le programme est né de la rencontre entre deux savoir-faire complémentaires : « C’est un programme que nous avons a co-construit avec l’association JobIRL, explique Corentin Gautier. En caricaturant un peu, disons que JobIRL est spécialisée dans la découverte des métiers et l’Afev plutôt sur la découverte et la sensibilisation à l’enseignement supérieur. »
L’idée a donc été d’associer ces deux expertises pour proposer un accompagnement plus,complet aux jeunes. Le projet s’appuie d’ailleurs sur deux dispositifs déjà existants : Démo’Campus (Afev) et Connecte-toi à ton avenir (JobIRL). Cela dit, précise le DR AURA de l’Afev, « nous avons rajouté des actions, amplifié le programme par l’association des deux sur le modèle "1+1=3." Cette logique de complémentarité s’est naturellement imposée grâce aux liens déjà anciens entre les deux structures, tant au niveau national que régional – et notamment à travers l’actuel directeur scientifique de JobIRL Jules Donzelot, compagnon de route de l’Afev. 
Sur certains territoires, les équipes travaillent même dans des locaux communs. Sur cette base, pour les partenaires du projet, il ne s’agit pas seulement d’informer les jeunes sur les études ou les métiers, mais de leur permettre d’élargir progressivement leur horizon des possibles et de se projeter dans des parcours qu’ils n’auraient pas forcément envisagés.

Un parcours progressif  de la cinquième à la troisième

L’expérimentation se déroule actuellement dans quatre établissements : les collèges REP+ Schœlcher à Lyon/La Duchère, Jean-Vilar à Échirolles, un collège REP de Romans-sur-Isère et un collège rural de Saint-Jean-en-Royans. Au total, près de 1 200 collégiens sont concernés. « L’idée, c’est de toucher tous les jeunes de la classe d’âge », souligne Corentin Gautier. Les actions sont donc proposées à l’ensemble des élèves, avec une progression construite sur plusieurs années. Dès la 5 e , les collégiens participent à des ateliers autour de la connaissance de soi, de leurs centres d’intérêt ou encore de leurs compétences – soit, « essayer de repérer ses forces, ses intérêts, qu’est-ce qu’on fait dans nos pratiques personnelles qui peut être valorisé. » En parallèle, JobIRL introduit les premières notions liées aux métiers et au fonctionnement de l’entreprise.

La 4 e marque ensuite une étape importante, avec l’intervention d’étudiants bénévoles de l’Afev dans les collèges. Ces temps d’échange permettent d’aborder l’enseignement supérieur, les parcours d’études ou encore les inégalités d’accès aux formations, et reposent un principe cher à l’association : le pair-à-pair. En effet, « les étudiants ne sont pas là pour donner toutes les voies d’accès de manière hyper précise, insiste Corentin Gautier. Ils sont vraiment là pour partager leur expérience. » Cette logique se retrouve également dans les immersions organisées sur les campus. Pendant une journée, les collégiens découvrent concrètement la vie étudiante : restaurant et bibliothèque universitaires, amphithéâtre ou encore rencontres avec des étudiants : « L’idée, c’est d’amener les collégiens sur un campus et de leur faire vivre une expérience immersive. »

En 3 e , le programme aborde des questions plus directement liées à l’orientation. JobIRL accompagne notamment les jeunes dans leur recherche de stage et leur découverte du monde professionnel. L’organisation d’un forum des études et des métiers, réunissant un étudiant pour un professionnel par secteur, constitue également un temps-fort. Ainsi, à chaque fois, les collégiens peuvent échanger à la fois avec quelqu’un qui suit actuellement une formation et avec quelqu’un qui exerce déjà le métier : « Avoir face à eux un étudiant en communication et un professionnel qui travaille dans la communication permet aux collégiens de disposer des deux regards. »

Évaluer l’impact sur les trajectoires

Au-delà des actions proposées, l’expérimentation comporte un important volet d’évaluation. Une cohorte d’élèves a été suivie, dès le début et donc depuis la deuxième année du collège, afin de mesurer l’évolution de leurs représentations, de leurs connaissances et de leur rapport à l’orientation. « On a passé des questionnaires aux élèves sur leur rapport à leur orientation, leur projection, leur connaissance des métiers », détaille Corentin Gautier. Ces mêmes questionnaires sont ensuite réadministrés afin d’observer les évolutions au fil du parcours. Par ailleurs, chaque activité fait également l’objet d’une évaluation spécifique.

Cette attention portée à l’impact reflète l’ambition du programme : démontrer qu’une action continue, construite dans la durée et combinant découverte des études et découverte des métiers, peut contribuer à réduire certaines inégalités d’orientation. Car derrière les ateliers, les visites ou les rencontres, l’objectif reste de permettre à des jeunes qui entendent parfois peu parler d’enseignement supérieur dans leur environnement familial de mieux comprendre les possibilités qui s’offrent à eux. Ainsi, en associant les expertises conjuguées des deux associations, « Vers un parcours augmenté » fait un pari : celui d’espérer qu’une meilleure connaissance des études, des métiers et des parcours pourra aider les collégiens à envisager leur avenir avec davantage de confiance et de liberté.

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